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PAR CAMILLE RAAD lille@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK JAMES
Ces derniers temps, le mouvement lycéen lillois était à bout de souffle. Un vent nouveau l'a ranimé : celui des salariés de la fonction publique.
Il faut dire que les jeunes attendaient de pied ferme ce rendez-vous du 15 mai et leurs aînés l'ont honoré. « On est très contents du résultat, confie Hugo, en seconde au lycée Montebello. Là, c'est l'union de tous et il faut avouer que leur présence donne de la crédibilité au mouvement lycéen. » D'autant plus que même les parents, unis sous la bannière de la FCPE, étaient de la partie.
Dans le cortège, environ 4 500 manifestants. Aux côtés des fonctionnaires de l'Éducation nationale figuraient ceux de la fonction publique, quasiment dans son ensemble, des « territoriaux » jusqu'aux administrations hospitalière et pénitentiaire, en passant par la Défense ou encore Météo France. « On parle de l'Éducation nationale et c'est important, souligne Philippe Perrault, secrétaire général CFDT. Mais il y a d'autres postes qui vont disparaître de la région sans discussion véritable. Au lieu de regarder ce dont on a besoin, on fait une réforme comptable. On n'imagine pas les coûts en matière sociale. » Didier Louvet, secrétaire régional CGT, avertit d'un « problème de société et d'égalité d'accès au service public ». Une crainte partagée par tous, notamment par les fonctionnaires de l'Éducation nationale et ceux des services hospitaliers qui redoutent un enseignement et un droit aux soins « à deux vitesses ». Un système « dont les plus pauvres feront les frais », reprend Didier Louvet.
La vague de manifestants a, elle, avancé du même pas, ferme et efficace. Elle a déferlé de la porte de Paris à la place de la République sans aucun accrochage. Seules quelques gouttes de pluie ont provoqué des déploiements de parapluies qui n'ont cependant pas fait concurrence à la nuée de drapeaux aux couleurs syndicales (CGT, FSU, UNSA, CFDT, CFTC, Solidaires, SNES). Le tour a été effectué en à peine deux heures, rythmé par les haut-parleurs des caravanes qui donnaient le ton. Et ce sont les lycéens qui leur ont le plus fait écho. Le reste des manifestants, mis à part quelques professeurs de musique un peu plus bruyants (forcément) et quelques syndiqués un peu plus enflammés, ont été relativement « sages ». Devant la préfecture, leur destination finale, les rangs se sont assez rapidement dispersés. Les lycéens y ont, eux, effectué leur dernier sit-in du parcours.
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