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Pour Karim, l'essence même du slam est de faire partager des idées. Mise en application avec le texte Macad'âme d'Afrique. : La Voix du Nord « Aujourd'hui, les jeunes sont plus dans les cultures urbaines. Notre objectif est de les amener à connaître d'autres cultures », explique Gaelle, coordinatrice de projet pour Ch'ti Teranga. L'association franco-sénégalaise promeut la culture traditionnelle du Sénégal. Cours de danse, stages de percussions, ou ateliers pédagogiques, le lien avec la culture africaine est omniprésent. « Le slam est un art de rue qui reprend la tonalité hip-hop africaine, ajoute la jeune femme. Son oralité est également en lien avec les contes africains. Il s'accorde totalement avec cette culture. » Un conteur burkinabais était d'ailleurs de la partie. Salia Kouyate représente « ces conteurs qui sont slameurs ». Tout en racontant des fables, il part de son quotidien pour prendre la parole.
Ces récits sont également accompagnés de musique traditionnelle. Car le slam, c'est surtout un rythme. Karim, de la Compagnie générale de l'imaginaire, en sait quelque chose. Cet intervenant, qui a découvert le texte à voix nue en 1994 grâce au Phèdre de Racine, a transmis aux adolescents la passion du slam. « Le slam est une poésie qui s'écrit à l'oral. Il y a un travail autour de chaque phrase et de chaque mot. C'est une réflexion orale dont on n'a pas tellement l'habitude entre jeunes, commente Karim. Le slam agit comme un miroir. Il permet de se voir au travers de son texte, et parfois même de corriger le tir. » Mais il possède aussi une notion d'échange importante. « Il faut avoir une espèce de tchatche. On vient partager le slam avec tout le monde, ce qui est très différent de la poésie écrite, très personnelle », conclut Karim.
Entre partage et révélation, le slam rassemble les esprits et permet de poser un regard plus éclairé sur notre société.
A.
TH.
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